07.04.20

Du temps pour lire… ?

J’aimerais bien lire, mais je n’ai pas le temps…

Qui parmi nous n’a jamais prononcé cette phrase ? Et se prendre à imaginer, déjà, peut-être, se rattraper plus tard, lors des prochaines vacances, voire à la retraite…

Ce temps de confinement fait surgir des questionnements inédits, interroge la notion de temps, tout ce temps que nous passions dans des déplacements, des loisirs, des réunions, des commerces bondés où nous pestions dans les files d’attente…alors bien sûr, il faut maintenant faire les devoirs avec les enfants, tout en télétravaillant autant que faire se peut, et il y a l’inquiétude…alors, du temps pour lire ? Et pour les enfants, quelle place pour le livre ou la lecture, face aux écrans si nombreux ?

Nous sommes allés dépoussiérer « comme un roman » de Daniel Pennac [1], qui, en tant qu’écrivain et enseignant, s’interrogeait en 1992 sur la manière d’appréhender la lecture, s’attachant à la fois à la désacraliser et à la défendre.
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[1] D. Pennac (1992), Comme un roman, Gallimard

 

Se glissant dans la peau d’un parent dont l’adolescent sue dans sa chambre devant un livre qu’il ne lit pas, il se remémore ce même enfant des années auparavant, le plaisir alors partagé autour d’un livre, ces histoires racontées le soir, « nous lui avons tout appris du livre en ces temps où il ne savait pas lire », « ouvert son appétit de lecteur ».

« Quels pédagogues nous étions, quand nous n’avions pas le souci de la pédagogie ! »

L’auteur avance quelques réflexions sur ce qui nourrit ces moments de lecture à un petit enfant. L’intimité d’abord, la gratuité également, un moment hors du temps, un voyage pour lequel n’est exigée aucune contrepartie. Puis viendra l’école, où l’enfant apprendra à lire, avec passion, déchiffrant inlassablement tout ce qui lui tombe sous les yeux lors des balades en ville. Et Pennac de se rappeler que c’est à l’heure de cette étape, de cette autonomie nouvelle, que les histoires ont cessé d’être racontées…et que les adultes lui ont demandé, en accompagnant les devoirs notamment, s’il a bien compris ce qu’il vient de lire : « nous étions son conteur, nous sommes devenus son comptable ».

 

Les professionnel·le·s de l’enfance connaissent bien ces moments de plaisir partagé, ces histoires qu’il faut lire et relire inlassablement, sans changer le moindre mot ; elles savent aussi que lire des albums à voix haute permet à l’enfant d’entrer dans ce que Marie Bonaffé[2] appelle la langue du récit, laquelle diffère de la langue factuelle. Elle aussi invite à la lecture « pour rien », sans contrepartie, à ne pas l’interrompre pour expliquer tel ou tel élément. Les livres, c’est bon pour les bébés est le titre de son ouvrage, c’est aussi bon pour les plus grands si l’on en croit Pennac qui invite à la lecture à haute voix également pour des enfants ou des adolescents qui savent déjà lire de façon autonome. Donner à lire (titre d’un chapitre) et non forcer à lire, car « le verbe lire ne supporte pas l’impératif ».
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[2] M. Bonnafé (2001), Les livres, c’est bon pour les bébés, Paris : Calmann-Lévy ; Hachette Littératures, cop. 2001

 

Lire à un enfant, sans contrepartie, sans obligation de résultat…ne sommes-nous pas à mille lieues de toute volonté d’apprentissage précoce ? Et n’est-ce pas en même temps une manière d’encourager les enfants sur le chemin de la connaissance, de l’imaginaire, de la pensée, de la richesse de la langue ? Ne s’agit-il pas avant tout un moment de relation partagée, une possibilité d’émerveillement commun ? Comme l’attestent les quelques exemples qui illustrent un article dédié à un atelier de lecture pour de jeunes enfants.

Les livres, produits de première nécessité ? A l’heure où les librairies sont fermées, un article du Temps nous interroge sur notre rapport au livre[3], à un moment où la demande est forte.
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[3] Ces libraires romands qui sont nos anges gardiens , Le Temps, 5 avril 2020

 

Et pour celles et ceux qui sont engagé·e·s auprès des enfants dans les milieux d’accueil d’urgence, il est possible de se procurer des livres pour les enfants au CREDE qui prépare des sacs avec des albums, des kamishibaï selon des modalités que vous retrouverez sur leur site Internet.

Quant à celles et ceux qui travaillent depuis la maison, pourquoi ne pas profiter de ce temps pour découvrir de nouveaux albums proposés par le CREDE, trier et compléter les corbeilles de livres qui seront à disposition des enfants dès leur retour.

Ces histoires, ces albums, les personnages qui les emplissent… peuvent-ils être également un moyen de maintenir ce lien avec les enfants et les familles, comme nous l’évoquions ensemble dans nos précédentes lettres ? Car ne dit-on pas que les livres relient ?

N’hésitez pas encore une fois à nous transmettre les outils créatifs imaginés pendant cette période d’éloignement forcé pour rester en contact avec les enfants, nous nous en faisons volontiers les porte-parole dans une prochaine missive !

Pour en revenir à Pennac, il conclut sa réflexion en livrant les droits imprescriptibles du lecteur. Les voici, illustrés joyeusement par Quentin Blake.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors… bonnes lectures à toutes et à tous !


Nous vous remercions pour l’immense travail accompli dans ces circonstances où tout le monde est en perte de repères !


PEP reste atteignable au 021 617 04 00 

info@pep-vd.ch


Newsletter N° 15 du 24 mars 2020

Newsletter N° 16 du 31 mars 2020

03.04.20

MERCI

A toutes celles et ceux, qui chaque jour,

accueillent les enfants des parents

mobilisés par la lutte contre l’épidémie …

Un immense MERCI

Nos applaudissements quotidiens s’adressent à l’ensemble

des personnes engagées dans cette lutte et vous en faites partie !

Lire ici un témoignage de reconnaissance de la présidente de Pro Enfance 

24 heures du 3 avril 2020

14.03.20

IFORMATIONS IMPORTANTES COVID-19

Le 17 mars 2020

Communiqué de presse du Bureau de communication de l’Etat de Vaud 

des-creches-et-garderies-resteront-ouvertes-uniquement-pour-les-enfants-de-professionnels-luttant-co

À partir de mercredi 18 mars, un accueil de jour d’urgence destiné uniquement aux parents professionnellement mobilisés dans la lutte contre l’épidémie sera mis en place. Cela concerne le personnel hospitalier et sanitaire, les professions de la sécurité, les personnes mobilisées par l’armée et la protection civile, les employés des transports publics et assurant l’approvisionnement alimentaire, les personnes assurant l’encadrement des enfants ainsi que les employés indispensables de l’Etat et des communes.

Prenez connaissance des dernières informations concernant l’accueil de jour des enfants sur le site de l’Etat de Vaud

Pour ces prochaines semaines, PEP répondra à vos demandes de soutiens pédagogiques et de conseils administratifs principalement par téléphone et par courrier.

Si vous souhaitez réfléchir avec PEP à la manière de rester en contact avec les familles,  travailler certains objectifs généraux de votre projet institutionnel, réactualiser votre projet pédagogique, etc.  PEP reste à disposition par téléphone, par e-mail et aussi par skype. 

021 617 04 00 et / ou par e-mail info@pep-vd.ch 

ou sur les adresses mail de la personne avec qui vous avez déjà des contacts 

Si des prestations de PEP étaient prévues dans vos institutions ces prochaines semaines, la conseillère pédagogique concernée vous appellera. 

Les rencontres régionales prévues en avril sont reportées à une date ultérieure. Merci de votre compréhension 

22.08.19

Rencontres régionales 2020

En raison des mesures visant à limiter l’épidémie du Coronavirus, les rencontres régionales d’avril seront reportées à une date ultérieure.

PEP se conforme sans retenue aux nouvelles règles établies par le canton.

 

Thème général pour les rencontres du printemps  : Accueil collectif de jour : lieux de prévention ?

Programme et inscriptions ici

En automne 2020, nous poursuivrons les réflexions sur le thème de la prévention et nous la traiterons à partir des angles suivants ;

préscolaire : Construction de l’estime de soi : quelles conditions ?

parascolaire : Développement de la pensée critique : pourquoi et comment ?

 

13.01.20

A VOS AGENDAS

Conférence

Autorité et accueil parascolaire. Quels repères ?

Le mercredi 9 septembre de 9h à 11h

Lieu : A définir

Jean Paul Gaillard : Thérapeute, systémicien de la famille, auteur du livre « Enfants et adolescents en mutation, Mode d’emploi pour les parents, éducateurs, enseignants et thérapeutes » ESF / 2009

 2 journées de formation sont en cours de préparation et auront lieu en automne 2020 

Programme et inscriptions ce printemps !

Samedi 3 octobre pour le Préscolaire

Nos structures d’accueil : lieux « paisibles » de prévention – quelle socialisation précoce pour TOUTES et TOUS ?

Conférencière : Miriam Rasse, psychologue en crèche et multi-accueil à Paris. Elle a dirigé l’association Pikler-Lóczy France.

Conférencier : Edouard Gentaz, Professeur Ordinaire de Psychologie du Développement, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education, Université de Genève.

Mercredi 11 novembre pour le Parascolaire

Lutter contre les discriminations : entre phénomènes de groupe et place pour chacune et chacun, quel rôle des professionnel·le·s ?

Conférencière : Caroline Dayer, Docteure et chercheuse en sciences de l’éducation. Experte en prévention des violences et des discriminations.

Conférencier : Basile Perret, Maîtrise universitaire en Science politique. Maître d’enseignement à l’EESP. Expert en prévention du harcèlement chez les enfants et les jeunes

 

26.02.20

PLATEFORME PEP-CREDE

AU CREDE

PARASCOLAIRE

COMPRENDRE, ACCOMPAGNER ET PRÉVENIR LES DEBORDEMENTS DANS LE PARASCOLAIRE 

Lundi 22 juin et Mardi 23 juin 2020
Intervenante : Caroline Hildenbrand Doerig et Véronique Desponds Theurillat

Possibilité d’un suivi intégré par PEP dans vos institutions

 

Flyer

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